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KINGS (2017)

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KINGS (2017)
 



Titre: KINGS (2017)


Kings

Titre Original: Kings

Réalisateur: Deniz Gamze Erguven
Scénariste: Deniz Gamze Erguven
Année: 2017
Durée: 92 mn
Pays:
Genre: Drame
Distribution: Ad Vitam

SITE OFFICIEL


BANDE ANNONCE du film: Kings
Artistes: Halle Berry, Daniel Craig, Issac Ryan Brown, Rick Ravanello, Kevin Carroll, Lamar Johnson

Synopsis:

1992, dans un quartier populaire de Los Angeles. Millie s\’occupe de sa famille et d\’enfants qu\’elle accueille en attendant leur adoption. Avec amour, elle s\’efforce de leur apporter des valeurs et un minimum de confort dans un quotidien parfois difficile. A la television, le proces Rodney King bat son plein. Lorsque les emeutes eclatent, Millie va tout faire pour proteger les siens et le fragile equilibre de sa famille.

Sortie le: 25/04/2018 (France)

Plus de Film avec:
Halle Berry

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KINGS (2017)


ENTRETIEN AVEC DENIZ GAMZE ERGÜVEN

Comment est née l’idée de Kings ?

Tout a commencé pour moi avec les émeutes de 2005 en France. J’ai été interpellée par ce qui était en train de se passer. Et j’avais le sentiment de comprendre, du moins de reconnaître ce qui se matérialisait à travers ces émeutes. Je ressentais un malaise très fort à l’époque en France. Je suis arrivée à Paris à l’âge de six mois, j’y ai vécu presque toute ma vie. Or je n’étais toujours pas française, on venait de me refuser pour la deuxième fois la nationalité. Et je ne savais pas si j’allais pouvoir rester en France. Je devais aller fréquemment à la Préfecture, j’avais peur à chaque fois que je passais le contrôle des passeports à la frontière. Je ressentais ainsi un sentiment étrange de fragilité dans ma relation au pays que je considérais comme le mien. Dans ces émeutes, je pouvais reconnaître quelque chose que je ne connaissais que trop bien. Ce sentiment d’être rejeté par un pays qu’on aime profondément, même si ce qui passait alors, courses poursuites, affrontements avec la police, ce n’est pas comme cela que je manifesterais mes émotions. Un an plus tard, j’ai rencontré cette femme qui m’a parlée des émeutes de Los Angeles. J’avais toujours en tête ces images surgies de mon adolescence, Rodney King, Reginald Denny. Bien que les émeutes de 1992 à LA se soient passées à une échelle radicalement différente, elles sont le même symptôme d’une détresse émotionnelle arrivée à un niveau extrême.

Et donc tu es partie pour Los Angeles afin d’enquêter sur les émeutes ?

J’ai d’abord entamé des recherches à Paris, en épluchant tous les livres et les archives auxquels je pouvais avoir accès. J’ai eu assez vite l’intuition du film que j’avais envie de faire. A la première occasion d’aller à Los Angeles je suis partie un mois, fin août 2006. Je n’y avais jusque-là jamais mis les pieds. J’ai parcouru South Central, et les quartiers qui avaient été le ground zero des émeutes. J’ai continué aussi à parcourir toutes les archives auxquelles je pouvais avoir accès, de radio, de presse, de télévision... J’avais dans un premier temps besoin de m’approprier ces événements comme des faits d’Histoire, puis de tout oublier pour faire un film. Chaque pas, chaque échange durant ce premier voyage ont confirmés l’intuition initiale. Et cela a été trois ans où j’allais à Los Angeles le plus souvent possible. J’ai passé beaucoup de temps au sein des différentes communautés impliquées d’une manière ou d’une autre dans ces émeutes. Je partageais le quotidien d’officiers de police, de membres de gangs, d’habitants de South Central. J’avais besoin de comprendre le regard de chacun, les différentes manières de penser. Il s’agissait de comprendre des dynamiques qui m’étaient étrangères.

Qu’est-ce que tu cherchais à comprendre en particulier à South Central ?

La mentalité d’un membre de gang, la mentalité des gens qui travaillent pour la police de Los Angeles, des gens qui habitent dans tel ou tel quartier spécifique, etc. Comment fonctionnent les lignes invisibles que les habitants de cette ville ne franchissent pas. South Central est comme une île coupée du reste de la ville. Les blancs n’y mettent quasi jamais les pieds. Ses différentes communautés ont des relations compliquées. Il fallait que j’y passe du temps pour en comprendre les fonctionnements. Toutes les scènes, même les plus invraisemblables de Kings, sont adossées à quelque chose de réel. Durant l’écriture du scénario, j’avais toujours l’impression de tarir mes sources. Je retournais à South Central, aller faire des rencontres et me faire raconter des histoires, sans trop savoir ce que je cherchais. Le type qui se fait cambrioler ses toilettes, le manager d’un fast food qui négocie avec les émeutiers... rien de tout cela n’est inventé.

Comment as-tu imaginé les personnages du film ?

Ils sont tous inspirés de personnes réelles. A commencer par la rencontre décisive avec la « vraie Millie », devenue le personnage central du film. J’étais en route vers une église. Je m’étais perdue et j’ai demandé mon chemin à cette femme. Elle m’a dit « viens plutôt dans mon église ! ». Je l’ai suivie, et une amitié est née. Millie est une espèce de totem, cette foster mum qui prend en charge les enfants d’absolument tout le monde.

Qui est Ryan, auquel tu dédies Kings ?

Le petit fils de Millie. Il était avec elle le jour où je l’ai rencontrée. C’était alors un garçon de douze ans que j’ai vu grandir. J’ai souvent pensé que Günes (l’actrice principale de Mustang) et lui révélaient une même forme de vivacité et d’intelligence. Ils étaient assez similairement touchés par la grâce. On a eu une relation très privilégiée au cours des années. C’est une des personnes que j’ai le plus photographiée de toute ma vie. Quelque chose qui est de l’ordre de la tragédie planait pourtant sur cette famille. Sa mère et sa grand-mère avaient cette peur constante qu’il lui arrive quelque chose de terrible. Elles ne voulaient absolument pas qu’il sorte de chez eux, à tel point qu’elles avaient décidé qu’il serait scolarisé à la maison. Comme dans les contes de fées, il y avait cette espèce d’emphase pour protéger cet enfant en particulier parmi sa quasi dizaine de frères et sœurs. Et malgré toutes les protections prises, il s’est fait tuer, à l’âge de dix-sept ans. J’ai eu l’impression de tout voir se mettre en place jusqu’à cette tragédie, le cadre se mettre en place et cet enfant ne pas échapper à son destin, ce danger qui planait sur lui depuis qu’il était tout petit. J’ai appris sa mort par sa famille puis je suis allée voir la LAPD, pour avoir leur version des faits. Ce meurtre, comme tant d’autres dans ce quartier, n’a jamais été élucidé.

Comment étais-tu accueillie ici ou là ?

South Central, c’est comme une île. 99 % des habitants ne sortent jamais de leurs quartiers. Et puis il y a ces divisions très marquées intra South Central, que ce soit celles des gangs ou d’autres, comme une sorte de damier où on ne va pas sur la case d’un autre. Du coup, ils ne rencontrent presque jamais d’étrangers. Par ailleurs c’est la première fois que j’arrivais à définir qui j’étais, je disais : « Je suis turque de Paris et je travaille sur un film qui se déroule lors des émeutes de 1992 ». Cela générait une sympathie immédiate. La plupart des gens étaient plutôt bienveillants ou en tout cas curieux. Même la LAPD (les émeutes de 1992, ce n’est pas une heure de gloire de la police de LA) était extrêmement transparents. J’avais l’impression d’être au contact d’une vraie démocratie à ce moment-là. C’en est même arrivé à des niveaux de familiarité qui étaient presque gênants, à force de patrouiller avec eux pendant douze
heures.

Pourquoi ce titre ?

Kings... « King » je n’ai pas besoin de le dire, est un nom chargé d’histoires. Mais ce titre dit aussi le regard de Millie sur ses garçons, les personnages principaux, William et Jesse. Aussi, en termes de dramaturgie, Jesse est pour moi le héros tragique au sens classique du terme. C’est un affrontement de rois.

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