BIOGRAPHIE:
Enfant, dans sa Martinique natale, Euzhan Palcy se passionne pour le cinéma. Elle regarde les films d'Alfred Hitchcock, de Billy Wilder ou d'Orson Welles. La jeune fille écrit aussi de petites nouvelles et des poèmes. Sa sensibilité artistique se développe au contact de la réalité martiniquaise et de ses salles obscures. A travers les films américains, elle remarque que les comédiens noirs interprètent toujours les rôles les plus dégradants, les plus ridicules. Cette constante la choque et la révolte même. C'est en se plongeant dans la lecture de « Rue Cases Nègres », le roman de Joseph Zobel qui raconte la Martinique des années trente, que la terrible condition des Noirs se révèle à elle. A l'âge 14 ans, la jeune fille fait de « Rue Cases Nègres », son livre de chevet. Chacune des pages du roman évoque en elle des images. A force de lire et de relire son oeuvre favorite, Euzhan se découvre une ambition nouvelle : devenir cinéaste et porter à l'écran la voix des Noirs que personne ne semble vouloir entendre. La télévision française de Martinique lui donne sa première chance à 17 ans en lui confiant la réalisation d’un téléfilm, La Messagère. En 1975, Euzhan Palcy s'envole pour Paris sur les conseils de son père qui l'encourage dans son amour du cinéma mais lui conseille aussi de s'inscrire à l'université. Et c'est à la Sorbonne qu'elle décroche une maîtrise de théâtre et de littérature, un diplôme d’art et d’archéologie puis suit des cours sur l'Opéra. Elle étudie également à l'école Louis Lumière et se spécialise en tant que directeur de la photographie. Désormais, la jeune femme est fin prête pour réaliser son rêve : l'adaptation de « Rue Cases Nègres » au cinéma. Aidée par le destin, Euzhan Palcy rencontre François Truffaut. Passionné par le projet de la jeune réalisatrice, le plus célèbre des cinéastes français devient son parrain dans le 7e art. En quelques mois, le héros du roman de Joseph Zobel, le petit Joseph qu’elle appelle le Christ noir, et Maman Tine, prennent corps à l'écran. Euzhan a tout juste 24 ans. « La rue Cases-Nègres » émeut le public qui découvre la Martinique et l'existence miséreuse des familles noires attachées aux plantations de canne. Le succès est immédiat. Le long métrage remporte dix-sept prix internationaux, notamment en France et aux États-Unis.
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